31 janvier 2013

Messes Africaines d'autrefois

Messes africaines d'il y a 50 ou 60 ans

Dans les pays de mission, il y a 50 ou 60 ans les messes étaient toujours dites en latin et les missionnaires avaient également importé en Afrique le chant grégorien. A partir des années 1950, un mouvement d'inculturation est apparu, timide au début, tendant à "africaniser" les messes. La première révolution fut l'introduction des rythmes et instruments traditionnels africains. Le Tam-Tam est entré dans les cathédrales vers 1955... Cependant, comme partout dans l'église catholique d'avant le Concile Vatican II, les paroles restaient presque toujours en latin, mais pas toujours...

Ils ne sont pas très nombreux les enregistrements de ces premières messes africaines. Ils deviennent de plus en plus rares quand ils ne sont pas tout simplement introuvables, que ce soit sous forme de disque ou de cassette audio... On peut craindre que ces témoignages d'une époque ne sombrent tout à fait dans l'oubli s'ils ne sont pas re-publiés...

En attendant, intéressons nous à ces oubliés... Voici quelques illustrations de ces chants. On espère pouvoir enrichir régulièrement ce petit musée du chant religieux d'autrefois...

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MESSE DES BAYANZI

Messe des Bayanzi_1

Cette messe a été composée par Bernard (Ben) van den Boom, missionnaire catholique hollandais au Congo-Kinshasa, probablement à la fin des années 1950. Elle est interprétée par une chorale de garçons, le Choeur de Misay de Banningville (aujourd'hui Bandundu).

L'auteur a également publié une Missa Kwango, interprétée par les Petits Chanteurs de Kenge, qu'on publiera prochainement. Ensuite, en 1969, B. Van den Boom a fondé la  chorale CHEM CHEM YETU ("Notre Source" en swahili) à Kinshasa, comprenant une centaine de chanteurs et danseurs. Pendant longtemps, cette chorale connut des heures de gloire. Aujourd'hui, les "anciens" évoquent cette période sur un site très complet et intéressant : http://kaisala.com/chem-chem-yetu/ sur lequel sont repris de nombreux chants (profanes, pour la plupart) interprétés par cette chorale.

Dès 1965, B. Van den Boom avait reçu le Prix André Ryckmans pour son action d'encadrement des jeunes dans le Bandundu et à Kinshasa et, en particulier, pour la fondation de la troupe de petits chanteurs et danseurs de Kenge.

Kyrie

Gloria

Credo 

Sanctus 

Agnus Dei 


MESSE DES SAVANES

Messe des Savanes_1a

Cette messe date de 1956. Elle a été composée par l'abbé Robert Ouedraogo (°1922 +2002) et est interprétée par la chorale à 4 voix du Petit séminaire de Pabré au Burkina Faso. L'abbé Robert a été un pionnier de l'africanisation du chant dans le rite catholique. On dit qu'à l'occasion de la première interprétation de la Messe des Savanes dans la cathédrale Ste Jeanne d'Arc d'Ouagadougou correspond aussi la première introduction d'un Tam-Tam dans un édifice religieux... Depuis lors cet instrument a fait du chemin !

L'abbé Robert Ouedraogo fut aussi le compositeur de l'hymne national de la Haute-Volta, ancien nom du Burkina Faso.

 

Kyrie


Gloria 



Credo

Sanctus 

 Agnus Dei

 


 MISSA LUBA

Partition Sanctus de la Missa Luba

La Missa Luba ne fait pas partie des "oubliés" car c'est certainement la plus connue des messes africaines. On doit la Missa Luba à un missionnaire franciscain belge, le Père Guido Haazen (°1921, +2004), qui l'inscrivit au répertoire de la chorale qu'il avait fondée à Kamina (RDC) au milieu des années 1950. Cette chorale, les Troubadours du Roi Baudouin, eut l'occasion de faire une tournée (triomphale) en Europe, en 1958, à l'occasion de l'Exposition universelle de Bruxelles. C'est là que la Missa Luba fut enregistrée et ensuite son succès ne se démentit plus : encore aujourd'hui on la trouve facilement sur CD, sur You Tube, sur Deezer, etc... Le ténor qu'on entend dans cette version est Joachim Ngoi. La chorale Muungano National Choir du Kenya a enregistré une version de la Missa Luba qui, jusqu'ici, semble la plus fidèle à celle d'origine.

Est-ce la qualité de l'interprétation ? Est-ce la séduction du rythme africain -très nouvau à l'époque ?  Toujours est-il que le Kyrie, le Gloria et le Sanctus de cette messe ont été choisis comme illustration musicale dans de nombreux films, et non des moindres : Pier Paolo Pasolini utilise trois fois le Gloria dans son mémorable "Evangile selon Saint Matthieu" aux côtés des plus célèbres choeurs et chorals de Bach, Mozart, etc. On retrouve le Sanctus comme leitmotiv dans le film  "If" de Lindsay Anderson, Palme d'Or au Festival de Cannes 1969...

A noter encore qu'une thèse (120 pages !) a été consacrée à la Missa Luba et a été défendue par Marc Ashley Foster, Doctor of Music Arts, University of North Carolina. Vous pouvez y accéder en cliquant sur le lien :

These_Missa_Luba.pdf

 

Kyrie

  Gloria

 Credo

 

 Sanctus

 Benedictus

 Agnus Dei

 


 MISSA KWANGO

Les+Petits+ChanteursDanseurs+de+KengeLes Petits Chanteurs-Danseurs de Kenge

Missa Kwango est une messe en langues locales. On la doit, comme la Messe des Bayanzi, à Bernard van den Boom, missionnaire hollandais au Congo.

Elle est interprétée par les Petits Chanteurs-Danseurs de Kenge, chorale créée par le P. Bernard en octobre 1964.

Le Kyrie est une mélodie en langue kipelende ; le Gloria provient de la tribu des Bateke ; le Credo, de la tribu des Bayanzi ; le Sanctus et l'Agnus Dei de la tribu des Yaka (chants en kiyaka). Ces tribus vivent dans le vaste district de Kwango (grand comme trois fois la Belgique) situé à l'Est de Kinshasa sur les Plateaux du Bandundu. Kenge est la ville chef-lieu d'un des 5 Territoires du Kwango et est située sur la route nationale 1 à environ 250 kilomètres de Kinshasa. La langue parlée dans la région est le kikongo.

 Kyrie - E Mfumu

 Gloria - Nkembo

 Credo - Ikwikila

Acclamation 

 Sanctus - E santu

 Agnus Dei - Kimeme

 


 

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15 janvier 2010

Troubadours du Roi Baudouin

Petit retour en arrière ...

Les chants enregistrés aujourd'hui sont le plus souvent interprétés en langue locale. Les plus anciens se souviendront de cette première tentative d'inculturation des chants religieux : les Troubadours du Roi Baudouin chantaient en latin ... sur des rythmes Luba, c'était la célèbre Missa Luba qu'on découvrit avec grand intérêt à la fin des années 1950 et dont voici trois extraits :

Sanctus, Benedictus et Kyrie

 

Troubadours_1958_1
Les Troubadours débarquent à Bruxelles en 1958

 


 

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